Du contrôle des matières premières jusqu’au béton coulé sur le chantier, rien ne quitte le laboratoire de Cementis Réunion sans avoir été testé, analysé et poussé dans ses retranchements.
À l’heure où l’industrie accélère sa transformation environnementale, le laboratoire est devenu un poste d’observation stratégique. Mais comment le métier évolue-t-il concrètement sur le terrain face à ces mutations ?
Nous avons posé nos questions à Julie Laude, Superviseure Laboratoire chez Cementis Réunion. Elle nous raconte comment sa pratique a évolué et nous livre sa vision des compétences qui façonneront l’industrie de demain.
Julie, comment a commencé votre aventure au labo de Cementis Réunion ?
J’ai rejoint le laboratoire en 2015 en tant qu’opératrice, avant d’évoluer au poste de technicienne, puis d’être nommée superviseure en 2021.
Au fil des années, j’ai découvert un métier d’une grande diversité et mesuré toute l’importance stratégique du laboratoire. Notre rôle est d’intervenir sur les matières premières, les ciments, les bétons et les granulats afin de réaliser tous les essais nécessaires au suivi et à l’amélioration de nos solutions. Les résultats que nous fournissons permettent aux équipes de production de s’appuyer sur des données fiables afin de garantir une qualité et des performances irréprochables. C’est un travail qui demande de la rigueur, de l’organisation et une collaboration quotidienne avec l’ensemble des services.
Depuis vos débuts, qu’est-ce qui a le plus changé dans votre quotidien ?
Aujourd’hui, mon rôle est principalement axé sur l’organisation et la coordination des activités du laboratoire. J’aime anticiper les besoins, planifier le travail de l’équipe et veiller au bon déroulement de chaque essai. Je prends aussi beaucoup de plaisir à participer à l’installation de nouveaux équipements, car ils nous permettent de moderniser et d’optimiser en permanence nos méthodes de travail.
Avec l’essor de la décarbonation, comment avez-vous dû adapter vos compétences ?
La décarbonation a profondément fait évoluer notre façon de travailler. Nous intégrons de nouveaux matériaux, adaptons nos protocoles d’essai et devons continuellement mettre à jour nos connaissances. Cela exige une formation continue, une vraie curiosité et une grande capacité d’adaptation. C’est une dynamique stimulante qui nous pousse à progresser ensemble et à enrichir constamment nos compétences techniques.
En tant que Superviseure, comment accompagnez-vous vos équipes face à ces changements ?
Mon rôle est de guider l’équipe dans cette transition en restant disponible et à l’écoute. Ces mutations impliquent de nouvelles méthodes, de nouveaux essais et une façon différente d’aborder nos métiers.
J’accorde une importance majeure au partage d’informations. Je veille à ce que chacun puisse développer ses compétences, s’épanouir et mesurer la valeur de sa contribution. Chaque collaborateur apporte sa pierre à l’édifice, et c’est en avançant unis que nous relevons ces défis. Bien entendu, je m’assure également que l’organisation permette à l’équipe de travailler dans les meilleures conditions, en gardant toujours la sécurité comme priorité absolue.
Dans un secteur qui bouge si vite, comment fait-on pour continuer à apprendre soi-même ?
On apprend tous les jours ! Les nouveaux projets, l’arrivée de matériel de pointe, les formations et les échanges avec les collègues sont autant d’opportunités de monter en compétences. L’essentiel est de garder un esprit curieux, de rester ouvert aux évolutions et de considérer l’apprentissage comme un processus continu tout au long de sa carrière.
Selon vous, quelles compétences techniques seront indispensables pour la prochaine génération ?
Il sera bien sûr indispensable de maîtriser les fondamentaux du métier, mais cela ne suffira plus. La prochaine génération devra faire preuve d’une grande agilité pour s’adapter à un environnement qui évolue très rapidement. Il faudra comprendre les nouveaux matériaux à plus faible empreinte carbone, intégrer pleinement les enjeux de la décarbonation et savoir tirer parti des technologies émergentes, comme l’intelligence artificielle, qui deviendront de véritables outils d’aide à l’analyse, à la décision et à l’optimisation de nos pratiques.
La rigueur scientifique restera essentielle, mais elle devra s’accompagner de davantage de flexibilité, de réactivité et d’une réelle capacité à apprendre en continu. Le monde évolue vite autour de nous : il faudra être prêt à remettre en question ses habitudes, expérimenter de nouvelles approches, partager ses idées et contribuer activement à l’amélioration continue de nos processus.
Au-delà de la technique, quelles qualités humaines feront la différence demain ?
L’esprit d’équipe, le sens de l’organisation, la curiosité et l’adaptabilité seront, selon moi, essentiels. Savoir communiquer clairement, transmettre son savoir-faire et accompagner le changement : ce sont ces qualités humaines qui nous permettront, ensemble, de relever les défis de la construction de demain.
